Pride and Sensibility

Mon chou à la crème,

La dernière fois, je t’ai parlé des films en VO.

Aujourd’hui, je vais te parler de livres. Comme je ne suis pas encore une sale intégriste (God save the Queen !), je n’exige pas pour l’instant que tu lises tous tes livres en VO. Cependant, certains sont très abordables en shakespearien, la série de Harry Potter, par exemple. Petit conseil (gratuit :D ), ne cherche la signification des mots dans le dico que s’ils reviennent souvent et t’empêchent vraiment de comprendre le sens global de la phrase/paragraphe/chapitre/livre…

Pour d’autres, un assez bon niveau de langue est requis pour saisir toutes les subtilités de nos buveurs de thé de voisins.

Exemple, Orgueil et Préjugé (Pride and Prejudice) ou Raison et Sentiment (Sense and Sensibility), de Jane Austen. C’est un régal, blindé d’humour, écrit par une femme exceptionnelle, capable de prendre du recul sur son époque, d’en faire ressortir tout le pas bon sans larmoyer, tout en racontant une histoire qu’elle est chouette. Vraiment, lis-le, maintenant !

Je te recommande aussi le téléfilm de la BBC (Pride and Prejudice), avec le mirifique Colin Firth, la classe british à lui tout seul. (à voir en VO, of course, je vois que tu suis, c’est bien)

Par contre, si tu ne regardes pas le film du même nom avec Keira Knightley, c’est pas grave, ne t’en mords pas les doigts jusque dans ta tombe, ce film est une bouse innommable. Et pourtant je l’ai vu en anglais dans un ciné de Birmingham. Il reste globalement pourritos et j’ai honte de le mentionner ici…

Et pour te culturer un peu, être ignorant, je te propose d’aller faire un tour sur la page wikipédia consacrée à Lady Austen. (qui est très intéressante, avec des sources tout comme il faut)

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Et si Depardieu parlait chinois ?…

En quel honneur les films et séries anglophones sont-ils systématiquement doublés en français ? Je crois qu’en dehors des gens malpolis, c’est LA chose qui m’horripile le plus au monde (et aussi les gens qui ne savent pas écrire/parler, le r’n'b français, les filles qui font les niaises, les boulots sous payés, enfin pas mal d’autres trucs, en vrai, mais bon).

Donc, par exemple, imagine un bon acteur français (non, pas Depardieu, je l’ai mis dans le titre parce que ça sonnait bien, c’est tout), un bon acteur, donc, un dont la voix si particulière est essentielle à son jeu. Imagine maintenant qu’il parle chinois (ou russe, enfin un truc qu’on comprend pas, quoi) avec les mots pas calés sur les mouvements de sa bouche.

Eh ouais lecteur, ça fait pleurer ton coeur en ton for intérieur, pas vrai ?

Ben c’est ce que ça me fait quand je vois Jude Law parler français. C’est terrible.

En plus, bordel (désolée, je suis révoltée comme fille, et vulgaire aussi) l’accent british est tellement juste trop régalatoire. Oui bon, cette phrase ne veut rien dire, mais j’adore quand même. Ecoute chanter Lily Allen ! Regarde Skins ! C’est trop de bonheur !

Shame on you, peuple de France ! Toi qui ne vas voir au cinéma que des films en VF par « flemme de lire les sous-titres », toi qui regardes les Experts en français sur tf1, toi qui ne sais même pas faire la différence entre la prononciation d’un anglais et d’un américain !

Maintenant mon petit, la prochaine fois que tu téléchargeras une série comme un vilain pirate que tu es, tu la prendras en VOSTFR. Et tu prieras pour David Bowie. Compris ?

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Fais chauffer the bouilloire !

Quand j’étais gamine, ma mère a essayé de me convertir à l’anglais. Mais comme je suis chiante, j’ai commencé l’allemand en primaire, et j’ai décidé que je détestais l’anglais. Arrivée en quatrième, il a bien fallu que je me choisisse une deuxième langue, alors j’ai cédé, j’ai pris anglais.

Et là, révélation ! Je suis tombée sur un prof parfaitement génial. Un qui disait « Yes, my love » quand on levait la main, et qui interrogeait Caroline à coup de « pique… coeur… Caro ».

Tout le monde ou presque le détestait. Mais moi, j’ai toujours adoré les profs méchants, ceux qui charrient, juste pour te forger le caractère. Et puis, j’ai du bol, je suis douée en langues, alors il m’aimait bien, je crois (je suis douée en plein d’autres trucs aussi mais on s’en fout (sauf les maths, j’ai toujours été réfractaire aux maths, mais on s’en fout)).

Bref, Monsieur L. était un dieu. Alors je me suis mise à adorer l’anglais et à le parler couramment tout d’un coup en cinq ans.

Au lycée, je m’en sortais très bien à l’écrit, mais l’oral était problématique. Le français est comme ça, il a honte de parler une langue étrangère devant ses compatriotes, de peur d’être jugé. Du coup, ma mère (encore elle) m’a envoyée voir une prof particulière. Une anglaise adorable, Christina, qui m’a débloqué la glotte en trois séances. Chaque « cours » commençait par « put the kettle on » (allume la bouilloire), et c’était parti pour une bonne causette. Si j’ai un conseil à te donner, petit lecteur, c’est de pas hésiter à l’ouvrir, quitte à dire des conneries ou à chercher tes mots. Au bout d’un moment ça vient tout seul, et tu te retrouves comme moi, à monologuer en anglais à haute voix pendant que tu fais la vaisselle. Non, je te jure, c’est pas une tare…

Après, je suis allée en fac d’anglais. Mais vu que je suis un peu glandue, comme dit ma mère, j’ai pas tenu le coup parce que la fac, c’est pas un truc de branleur (si tu veux avoir ton diplôme, j’entends).

Un jour, j’avais même décidé de devenir anglaise. Mais je suis née en France, de parents français. Mon plus vieil ancêtre était maréchal-ferrant sur le port de Lorient au XVIIIe siècle. Donc bretonne à la limite, mais « grande-bretonne », c’est globalement mort pour moi. Il y a bien des espagnols et des allemands qui traînent dans ma généalogie, mais ça n’a strictement aucune utilité dans l’acquisition d’un quelconque nationalité britannique.

Une grappe d’année plus tard, sans trop savoir pourquoi ni comment, je suis devenue graphiste (avec un diplôme et tout !). C’est funky comme boulot, mis à part le fait que je suis au chômage…

Malgré tout, ma passion pour le Royaume-Uni, l’anglais, le thé et le nonsense est restée, et j’ai envie de partager ça avec toi.

Alors, lecteur, put ze kettle on, détends-toi et enjoy !

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